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INTRODUCTION

En lisant un article du magazine Notre Temps, spécialisé seniors, le thème de la conduite automobile chez la personne vieillissante m’a intéressé. Cet article précise que les conducteurs âgés n’ont pas plus d’accidents que les jeunes mais survivent moins aux chocs graves (9 tués pour 100 victimes chez les 65 ans et plus contre près de 4 tués pour 100 victimes chez les 15-24 ans).(1)

Le problème qui se pose concerne les seniors qui vont être de plus en plus nombreux à conduire et à le faire plus longtemps. Avec l’âge, les capacités de perception, d’attention visuelle, auditive et de coordination des mouvements diminuent.

J’ai décidé de cibler une population de personnes âgées. Lors de mes stages professionnels j’ai pu constater un réel besoin de sensibilisation des conducteurs âgés. Beaucoup d’entre eux n’ont pas connaissance des effets de l’âge sur la conduite automobile et ne connaissent pas les actions existantes (stage de remise à niveau, brochure).

D’après l’ INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), la France comptait 9 967.3 milliers de personnes âgées de plus de 65 ans au 1er janvier 2004. Leur part dans la population totale est passée de 14.6% en 1994 à 16.2% au 1er janvier 2004. Cette progression devrait connaître une nouvelle accélération à partir de 2006 avec l’arrivée à l’âge de 60 ans des premiers enfants du baby boom (nés en 1946).(2)

Selon l’INED (Institut National des Etudes Démographiques), l’espérance de vie ne cesse d’augmenter. En l’an 2002, elle était chez l’homme de 75,6 ans et chez la femme de 82,9 ans.(3)

L’étude réalisée par Sociovision-Cofremca considère qu’une personne est senior à partir de 65-67 ans. C’est à partir de cet âge que le processus de vieillissement s’accélère.(4)

Les progrès de la médecine, l’augmentation du nombre de conducteurs depuis 1960, la hausse des revenus des retraités participent à l’augmentation de l’âge des conducteurs.(5) Actuellement en France, les conducteurs de plus de 65 ans représentent 16% des automobilistes. On estime que 25% des conducteurs en 2025 seront des personnes du troisième âge.(6)

D’après le dossier de presse « Les seniors au volant »,7 65% des retraités possèdent une voiture et 75% d’entre eux estiment que conduire est une activité essentielle ou très importante dans la vie quotidienne. La conduite leur procure une sensation de liberté, facilite leurs nombreux besoins de la vie courante, leur permettent de maintenir des contacts sociaux en prévenant l’isolement social et renforce le sentiment d’appartenance et d’identité.(7)

En 2002, chez les automobilistes de 65 ans et plus, il a été recensé : 1 265 tués, 2 726 blessés graves, 8 548 blessés légers. La tranche d’âge 65 ans et plus représente 16,9% des 4 602 personnes décédées au volant.(8)

Les conducteurs âgés se tuent, mais tuent relativement peu les autres."Les données des assureurs montrent qu'au cours d'une année, ils ont moins d'accidents que les plus jeunes", souligne M. D accidentologue, expert auprès du Conseil National de Sécurité Routière. Les conducteurs de 65 ans et plus adaptent mieux leur conduite à leurs capacités : ils roulent moins de nuit, moins sous l'influence de l'alcool et moins vite. Par contre, des difficultés surviennent dans les intersections, parce qu'ils détectent moins vite les dangers et les intègrent moins bien. Les seniors s'engagent aussi davantage dans des sens interdits ou sur des autoroutes à contresens.(9)

D’après le Figaro magazine, les accidents des seniors surviennent principalement en semaine, dans les intersections, avec deux voitures impliquées. Plus de 50% des décès de conducteurs âgés se produisent à un carrefour.(10)

Jusqu’à maintenant, la France n’avait jamais instauré un contrôle médical ni l’éventualité d’un réexamen pour le permis à partir d’une certaine limite d’âge contrairement à d’autres pays voisins.

Une récente comparaison entre la Finlande et la Suède remet en cause l’efficacité du contrôle médical systématique des conducteurs âgés. Le taux d’accidents des personnes âgées par habitants est semblable dans les deux pays alors que la Suède a opté pour un système très libéral et que la Finlande impose des contrôles fréquents sur cette population.(11)

Le Comité Interministériel de la Sécurité Routière s’est réuni le 13 janvier 2004, dans la continuité des comités interministériels précédents. Deux groupes de travail (santé et aspects administratifs) ce sont concertés concernant l’évaluation médicale de l’aptitude à la conduite des conducteurs.(12)

Dans une première partie, nous approfondirons l’étude avec les outils méthodologiques réalisés (questionnaire, entretiens) ainsi que l’analyse des résultats. Dans une deuxième partie, nous verrons l’évolution du projet et son éventuelle réalisation.

1. Notre temps « Conduire jusqu’à quel âge » septembre 2001 p 62 à 65.
2. www.insee.fr
3. www.ined.fr
4. Etude réalisée par Sociovision – Cofremca pour la Prévention Routière et la Fédération Française des Sociétés d’Assurances « Les seniors et la place de l’automobile dans les déplacements : mieux connaître et anticiper leurs besoins en terme de mobilité novembre 2001 p 3.
5. Soins Gérontologie n° 31 « La personne âgée et la conduite de l’émergence d’un phénomène » octobre 2001 p 38.
6. Police-mutualité « Conduire mais jusqu’à quel âge ? » n° 293 janvier 2002 p 18.
7. Dossier de presse 2001 « Les seniors au volant » La mobilité des seniors dans la population par le directeur général du CREDOC- La Prévention Routière.
8. www.securiteroutiere.gouv.fr
9. Le Monde « Un contrôle médical devrait être instauré pour les conducteurs âgés » 3 décembre 2002.
10. Le Figaro magazine – « Vieillir et conduire, plus besoin de choisir » 13 juin 2001.
11. Dossier de presse 2001 « Les seniors au volant » Les examens médicaux – La Prévention Routière.
12. www.securiteroutiere.equipement.gouv.fr

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www.anlbbs.com/mhm/eep/conduite-et-viellissement-introduction.htm